Comment rebondir après l'échec ?

Crédit : association NQT/ Viva Tech 18 mai 2019

Crédit : association NQT/ Viva Tech 18 mai 2019

 

Qu’ont en commun l’auteur et guru du Marketing Seth GODIN, l’inventeur et visionnaire James DYSON, l’auteur à succès J.K. ROWLING et le serial entrepreneur et visionnaire Elon MUSK ?

Ils ont beaucoup échoué avant de réussir. La dernière partie de l’article leur est consacrée.

Je rappelle toujours dans mes interventions que c’est parce que je cherchais un emploi duquel je ne pourrais plus jamais démissionner qu’échouer est devenu un risque à prendre. J’ai donc beaucoup échoué en chemin et j’échoue encore. 

 L’échec pour moi est une science, la science de la découverte de soi. L’échec est d’abord une expérimentation avant d’être un résultat. Si nous ne voyons que le résultat, nous manquons de voir tout ce que nous avons appris, appris à faire et surtout, ce que nous sommes devenus du fait de l’expérience. En apprenant à échouer, vous apprendrez à réussir. L’acceptation d’échouer donne le courage de faire et le courage vient de nombreux échecs.

Je pense aussi que l'échec est le germe d’une sérendipité, d’une réinvention du soi et d’un présage du futur. C’est important d’échouer. C’est encore plus important d’en retirer les leçons pour pouvoir rebondir. Et réussir à terme.

  1. Échouer,  un chemin de découverte de soi

Tous mes échecs m’ont appris à vivre et à être. Si vous avez déjà échoué comme moi, peut-être ces 3 enseignements majeurs que j’ai tirés de mes échecs résonneront en vous :

  • J’ai appris à mieux m'associer, à penser et à agir différemment désormais. J’ai compris que même engagée à 100%, tout ne dépend pas de moi.

  • J’ai découvert que j'étais plus persévérante que je ne le pensais. Plus créative que je ne l’imaginais.

  • Échouer m’a rapprochée de ce que ma mature profonde voulait exprimer à travers moi.

En effet, j’avais beau échouer en matière de résultat, j’avais conservé le cœur :  les outils, les connaissances et surtout l’expérience de soi et du langage de l'âme.  Ce point est très important parce que c’est en analysant ce language que j’ai compris que pour moi, la coopération internationale, les grandes organisations, c’était terminé. La vie en moi souhaitait que je réalise mes propres créations, que je crée ce que je voulais voir dans le monde et ce que je veux voir dans le monde est simple : des gens qui s’accomplissent en travaillant et plus d’entreprises qui créent cette vision pour leurs employés . 

Pause-question : Qu’avez-vous appris de vos échecs ? Détaillez 7 points majeurs. 

L’échec a une raison d’être. Si vous avez échoué en cherchant à exprimer votre authenticité, l’échec est une étape de plus pour dévoiler le soi, votre nature profonde. L’échec est une épreuve, un vrai test de la vie. L’échec teste votre courage, votre détermination et bien sûr, votre persévérance. Épreuve pour l’ego oui, invitation à cultiver l’humilité, aussi. 

Échouer c’est sortir de la norme. Mais souvenez-vous que l’opposé de l’échec n’est pas la réussite, mais la rigidité, l’inaction. Échouer fait grandir. En revanche, ne pas essayer c’est avoir peur de son ombre au lieu de l’affronter pour la faire entrer dans la lumière.

Vous pouvez échouer parce que vous poursuivez un chemin tracé par d’autres et non par vos désirs les plus élevés. Vous pouvez penser avoir échoué alors qu’il fallait passer par là pour devenir la personne que vous avez à créer dans cette vie. Ça c'est que mes échecs m’ont aussi appris. 

Pause-question : Qu’avez-vous déjà réussi grâce aux leçons tirées de vos échecs ?

2. Comment rebondir après l’échec ?

Pour rebondir après un échec et tourner en soi la page, vous pouvez comme je le fais souvent analyser et déconstruire toute l’expérience dans votre tête avec ces questions à l’esprit : 

  • Ai-je fait de mon mieux ?

  • Ai-je vraiment donné le meilleur de moi ?

  • Devait-on faire plus ?

  • Pouvait-on faire plus ? 

Faites de votre mieux jusqu’à ce que vous sachiez mieux. Ensuite, quand vous savez mieux, faites mieux.
— Maya ANGELOU
  • Suis-je en train de faire de cet échec une affaire personnelle ?

Tant que vous vous voyez depuis le centre de l’expérience, c’est difficile d’extraire les leçons à tirer. Quand vous visualisez à nouveau l’expérience et sortez du centre, vous avez une vue globale et pouvez analyser les faits de manière plus objective et rationnelle. 

 Si aujourd’hui je montre à mes clients comment s’accomplir au travail et expérimenter leur raison d’être unique, c’est grâce à mes échecs et aux 2 états d’esprit développés : en vérifiant que j’avais vraiment fait de mon mieux, j’ai pu commencer à tourner la page du premier projet que j’avais,créer des solutions de renforcement des capacités pour les microentreprises des pays en développement. Quelques temps après, mon premier client, un étudiant en école d’ingénieur me contactait pour son business plan. La premiere raison d’être de l’échec est de vivre l’expérience pour mieux comprendre et sortir des théories. L’expérience affecte, éprouve, bouscule, nous change. 

Échouer n’est déjà pas facile pour l’ego, alors autant échouer avec enthousiasme. Parce que tous les facteurs clés de succès ne dépendent pas de vous. Prenez juste vos responsabilités, ne prenez pas celles des autres. Admettez vos erreurs et le rôle que vous avez joué. Nous sommes souvent plus tolérants et bienveillants envers les autres qu’envers nous-mêmes. Quand vous répondez à ces questions que j’ai évoquées, vous faites un feed-forward pertinent. 

Et du coup, vous pouvez contracter l'expérience d’échec dans une matrice SWOT ( 2 colonnes, 2 lignes):

purpoz-swot.png

  • Quelles forces avez-vous développé : force mentale, force intellectuelle, raisonnement, curiosité, expression, vision, adaptation, innovation frugale...

  • Quels points faibles avez-vous amoindri... 

  • Quelles opportunités vos expériences vous donnent désormais...

  • Quels sont désormais vos points de vigilance, les menaces que devez surveiller...

    En sachant que les actions vous appartiennent, pas les résultats, vous voyez l’échec différemment. 

3. Le futur à réussir

En identifiant toutes les leçons apprises sur les facteurs clés de cet échec, vous saurez faire l’opposé et construire des facteurs clés de succès. Vous voyez le problème / défi / projet différemment,  sous un autre Angle, avec un regard nouveau. Riche de vos expériences, hors du centre et en même temps comme si vous expérimentiez vos idées pour la premières fois.

Si vous trouvez une personne dans le monde qui a réussi sans avoir échoué, c’est probablement une intelligence artificielle ;). 

Parce que quels que soient les domaines d’activité, la plupart des personnalités publiques dans le monde ont échoué à de nombreuses reprises et parfois pendant plusieurs années avant de réussir. Elles partagent deux traits de caractère : l’humilité.  L’humilité de parler de leurs échecs d’abord. D’en parler en public. Et, la capacité de transformer ces échecs en sagesses et enseignements pour d’autres personnes. 

J.K. ROWLING :

Réponses négatives de 12 maisons d’édition pour le 1er tome d’Harry Poter.

En juin 1997, Bloomsbury publiait le premier tome de Harry Potter. L’idée du livre surgit en 1990. Son auteur, Joanne ROWLING plus connue sous le nom de J.K. ROWLING fit face au rejet de 12 maisons d’édition. 

Plus encore, dans les 7 années qui précédèrent la publication du premier tome d’Harry Potter, l’auteur vécut plusieurs épreuves et l’écriture, dit-elle en 2008 dans un discours d’ouverture à l’université Harvard, a été sa bouée de sauvetage.

Affranchie de sa peur la plus profonde et voyant que toutes ces difficultés ne l’avaient pas mise à terre, J.K. ROWLING s’engagea avec toute l’énergie et la détermination qui lui restaient pour finaliser son livre avec un succès qui en appellera d’autres : Femme britannique la plus influente en 2010, philanthrope reconnue et auteure à succès. 22 ans après le premier tome, les 7 volumes de la saga Harry Potter ont d’après son éditeur été vendus à plus 450 millions d’exemplaires dans le monde et traduits en 80 langues. 

Dans son discours d’ouverture à l’université d’Harvard, J.K. ROWLING rappelle aux étudiants diplômés qu’il est impossible de vivre sans avoir échoué. Mieux, certains échecs sont inévitables. Mais, poursuit-elle, de ces échecs, jaillit une meilleure connaissance de soi, de ses forces et des personnes sur lesquelles on peut compter. Sans adversité, cette découverte ne peut avoir lieu. 

 

Seth GODIN :
900 réponses négatives en 1 année en lançant son projet entrepreneurial autour des livres.

Trublion du marketing, Seth GODIN l’est assurément. L’auteur, et enseignant comme il aime souvent se définir a écrit de nombreux livres à succès comme la vache pourpre ou encore Tribus. Dans de nombreux interviews, il rappelle souvent que commencer tout projet présente un risque, « ça pourrait ne pas marcher » et que la chose la plus risquée est de jouer la sécurité. Les succès se voient souvent, les échecs un peu moins.

Elon MUSK

E. MUSK est - en partant de zéro - à développer l’entreprise SpaceX, fondée en 2002 avec un objectif ambitieux : contribuer à faire de l’espèce humaine une espèce multi-planétaire.

Aidé par une fortune issue du rachat par Ebay de Paypal dont il fut un des fondateurs, E. MUSK eut d’abord pour parti pris d’acquérir des fusées américaines. Mais chaque fusée coûtait environ 65 millions de dollars et il lui en fallait deux pour démarrer ses projets, disait-il en octobre 2012 dans un entretien réalisé avec Chris ANDERSON, rédacteur en chef à l’époque du magazine Wired. 

Aussi privilégia t-il les véhicules spatiaux russes dont le coût unitaire oscillait entre 15 et 20 millions de dollars. Mais ce prix n’était pas réellement lié à l’efficacité économique des russes. Les fusées existaient déjà et étaient en réalité peu utilisées. 

Alors, de réunions en réunions avec des acteurs du secteur, E. MUSK constitua et fit travailler une équipe d’ingénieurs internationaux. La conclusion de ces travaux fut que le problème majeur dans le secteur était l’incapacité des acteurs actuels à construire des fusées à coûts réduits. En effet, la technologie des fusées n’avait pas tellement évolué depuis les années 60. Plus encore, rien n’empêchait SpaceX de se lancer dans cette aventure.

En 2008, soit 6 ans après sa création, SpaceX lança la première fusée Falcon 1 pour un prix de vente de 7 millions de dollars. Tout en essuyant des échecs de lancement ou des explosions de fusée en plein vol, L’entreprise parvint à décomposer les composants d’une fusée et en analysant le coût de chaque composant, à obtenir un coût représentant environ 2% du coût traditionnel. 

James DYSON :

5127 prototypes pour le premier aspirateur sans sac. 

 

« J'ai fait 5127 prototypes de mon moteur d'aspirateur sans sac avant de trouver le bon compromis. Ce qui veut dire que j'ai échoué 5126 fois. Mais j'ai appris de chacun de ces échecs. Et ce sont eux qui m'ont permis de trouver la solution. Donc, je ne me soucie pas de l'échec. J'ai toujours pensé que les écoliers devraient être notés en fonction du nombre d'échecs qu'ils ont eu.  L'échec, c'est la clé du succès... Les succès sont faits d'erreurs  à 99%. » (source : industrie-techno.com)

Quand vous avez une idée qui a de la valeur, quand vous avez une vision, l’échec devient le prix à payer. Échouer n’est pas un choix, mais donner à l’échec un autre sens l’est. L’échec ne nous définit pas, il nous libère.


Geoffroy de BECDELIÈVRE

Toute sa vie on fait des erreurs, c’est aussi valable dans le monde de l’entreprise. Il faut simplement savoir s’adapter.

En France aussi, vous trouvez aussi des entrepreneurs comme Geoffroy de Becdevièvre qui abordent l’échec avec éloquence et pertinence. Chef d’entreprise (plus de 250 collaborateurs, 70 millions d’euros - sources : Forbes) et fondateur de Marco Vasco, spécialiste du voyage sur mesure  et haut de gamme dans le monde. 

Afin d’inciter son équipe de direction à prendre des initiatives, il célèbre les échecs dans son entreprise en décernant un prix : le prix de l’échec. Une approche contre-intuitive qui permet de ne pas avoir peur d’avoir des idées et de ne pas avoir peur d’échouer.

N’ayez pas peur d’échouer. Ayez peur de vivre une vie pleine de regrets. 

Pour aller plus loin, le livre du philosophe Charles PÉPIN :

 

vertus-echec-charles-pepin.jpg