Devenir une entreprise où il fait bon travailler

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Plus qu’un label, une logique d’amélioration continue de l’environnement de travail proposé aux collaborateurs. Une performance individuelle et collective accrues. Une marque valorisée.

 
Une entreprise great place to work est «  un lieu où vous faites confiance à vos dirigeants, où vous êtes fier de vote travail et où vous appréciez vos collègues »
— Robert LEVERING

Par ces mots, Robert LEVERING, co-fondateur de Great Place to Work illustre la raison d’être du concept et la mission de l'institut : créer une société meilleure en aidant à la transformation des entreprises. The Great place to work, c’est 27 ans d’existence et une présence depuis 17 ans en France.

Il est loin le temps où venir travailler uniquement sans attachement émotionnel et engagement suffisaient. Selon Manpower, (2015) 38% des employeurs dans le monde (et 29% en France) auraient des difficultés à attirer les talents nécessaires. 88% des millennials veulent travailler dans une entreprise qui reflète leurs valeurs.


À l’heure où les taux de désengagement des salariés en entreprise restent bas dans de nombreux pays du monde (6% en France d’après Gallup), focus sur les entreprises qui pensent différemment. Les entreprises où il fait bon travailler puisqu’on les appelle ainsi illustrent un principe qui mérite d’être souligné : sans les collaborateurs, une entreprise n’est rien. Sans l’engagement et l'épanouissement des collaborateurs, une entreprise met en péril à la fois son futur, sa capacité à rebondir et son excellence. 


Qu’est-ce une entreprise où il fait bon travailler ou great place to work ? Comment est né le concept et qui en sont les auteurs ? Quelle démarche faut-il entreprendre pour devenir une entreprise great place to work ? Et pour quels résultats ?  Ce sont là les questions que je trait  dans le présent article.


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1. Les enjeux

Quand un environnement de travail est accueillant et stimulant, permettant à chacun d’être à sa meilleure place pour donner le meilleur de lui-même, une organisation développe plus facilement ses objectifs. Parce qu’il existe une relation d’appréciation mutuelle au sein des équipes et de confiance vis à vis du management. Parce que le bien-être au travail de chacun est souhaité et accompagné, ce qui accroit les contributions personnelles.   

Vous ne pouvez pas motiver les gens, vous pouvez seulement créer un environnement dans lequel ils sont motivés.
— Brad FELD

Les entreprises great place to work sont des environnements qui ont su développer une culture d’entreprise forte, des relations de confiance et un leaderrship permettant aux collaborateurs de révéler leur potentiel. Ces environnements renforcent la marque employeur et la fierté des collaborateurs. L’impact économique est à noter également. En effet, la valeur boursière des entreprises où il fait bon travailler croit 2 fois plus vite que le marché.

Plus de 6000 entreprises sont interrogées dans le monde et celles qui acceptent cet audit sont à n’en point douter des précurseurs. Grâce à son expertise, l’institut Great Place to work depuis sa création en 1992 a déjà collaboré avec plus de 10 000 entreprises dans le monde et interrogé plus de leurs 12 millions de leurs collaborateurs.

Dans les palmarès  best places to work, vous trouverez aussi bien des petites entreprises de moins de 50 salariés  (Utopies, Ovalo, Lisea) que des entreprises de plus de 5000 salariés (EY, Norauto). Solliciter un audit indépendant n’est donc pas une question de taille. Encore moins une question de budget. Le coût de cette démarche varie selon la taille de l’entreprise. Pour certaines, il avoisine 6000 euros hors taxes. D’autres paieront jusqu’à 20 000 euros.

Toutes les entreprises signent la charte intégrité de l’Institut. De même, l’institut dit mener des contrôles après enquête auprès des collaborateurs. En effet, il faut savoir que l’institut ne communique pas sur les entreprises auditées qui n’atteignent pas les minimums pour recevoir la certification. Mais en interne, ces dernières bénéficient de recommandations et de conseils pour valoriser leurs points forts et travailler sur leurs axes d’amélioration.

2. La démarche

Les premiers critères à remplir pour initier la démarche de reconnaissance sont : être une organisation publique ou privée, avoir un statut juridique propre, réunir au moins 20 collaborateurs en CDI et exister depuis 3 ans au moins.

Lors de l’inscription, l’entreprise reçoit le guide du participant et signe la charte intégrité. Sont après définies les modalités d’enquête des collaborateurs : date et mode des enquêtes. Ici l’enquête peut se faire auprès de tous les collaborateurs ou auprès d’un échantillon représentatif (pour les grandes entreprises).

Enfin selon les objectifs de l’entreprise, l’institut propose différentes modalités de restitution, des comparaisons (benchmark) de la culture de l’entreprise évaluée face aux entreprises les plus performantes du secteur tant socialement qu’économiquement ainsi que des questions additionnelles plus spécifiques à l’entreprise en plus des questions générales.

Les enquêtes sont conduites par un chef de projet assisté d’un chargé d’enquête, de l’équipe de communication et de celle en charge de la restitution des enquêtes et des préconisations. 

Une enquête ne vaut pas certification great place to work. Pour être certifiée, une organisation doit avoir une moyenne au questionnaire trust index supérieure à 70% (66% pour les entreprises de plus de 500 salariés) soit, le taux de réponses positives moyen pour l’ensemble des questions. De plus, sa note culture audit doit être supérieure à 30 sur 60.


Le trust index est une enquête menée auprès des collaborateurs pendant 2 semaines environ. Un questionnaire composé de 64 questions fermées, de 2 questions ouvertes et de 7 questions démographiques leur est adressé. Pour les entreprises qui ont déjà développé leur modèle d'enquête, l’institut peut analyser le questionnaire interne existant et recommander les questions à ajouter au Trust Index. 

Pour le culture Audit, il s’agit d’un dossier rempli par l’entreprise permettant d’identifier les pratiques managériales et les modèles d’action de celle-ci en matière d’intégration et de recrutement. Une partie est consacrée aux chiffres clés de l’entreprise tels que le nombre de CDD, de CDI, l’effectif selon le genre, le statut et l’âge ainsi que le nombre d’heures de formations en moyenne. Une deuxième partie propose 15 questions ouvertes sur les programmes de l’entreprise et ses pratiques avec justificatifs à l'appui.


Les 2 scores issus de ces 2 audits déterminent les entreprises qui feront partie du programme de reconnaissance « great place to work » . L’évaluation finale est faite à partir d’un grille VOAHI pour Variety, Originality, All in inclusive, Human Touch, Integration. Les résultats sont disponibles sous 4 à 6 semaines après les 2 enquêtes.

3. Et après

La certification great place to work est exploitable 1 an. Toutes les entreprises certifiées concourent automatiquement au prochain palmarès « best places to work ». Côté critères, le trust index pèse pour 2 tiers de la note finale et la culture audit 1 tiers. Autrement dit, c’est vraiment l’opinion des collaborateurs qui fait l’entreprise great place to work.

Quelle que soit la taille d’entreprise, elle peut être évaluée selon sa catégorie : - de 50 salariés, de 50 à 500 salariés, de 500 à 5000 salariés et plus de 5000 salariés. Le palmarès est communiqué en mars de chaque année.

Une entreprise présente au palmarès bénéficie :

D’ailleurs à la suite de la publication du palmarès, vous n’aurez aucun mal à retrouver ce classement dans plusieurs  journaux et plateformes d’accompagnement dans l’emploi.

Devenir une entreprise où il fait bon travailler est c’est bâtir une raison d’être partagée par tous et transmutée par chacun. La qualité de vie au travail et la culture d’entreprise sont la face cachée de la performance globale et de l’engagement de collaborateurs. Dans le domaine de l’audit de la marque employeur, d’autres plateformes comme Linkedn et Glassdoor sont aussi engagées. Linkedn propose un classement des top companies soit, les entreprises le plus attractives pour salariés français . En plus de publier chaque année également un classement des meilleures employeurs, Glassdoor publie aussi un classement des meilleurs PDG.

Il y a encore beaucoup à faire pour créer un monde où toutes les entreprises deviennent des environnements où il fait bon travailler. Et celles qui se prêtent à l’évaluation Great Place to Work, méritent d’être saluées pour leurs efforts. En 2019, d’après l’institut, 304 entreprises ont sollicité un audit, 158 ont reçu la certification Great place to Work. Et 97 figurent au palmarès best workplaces. Une volonté qui doit relever du leadership en interne, de la vision qu’il a des collaborateurs.

Sources : https://www.greatplacetowork.fr/

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